Niaguis au cœur de l’agroécologie : les femmes rurales portent la souveraineté alimentaire africaine
Niaguis, petite localité de la région de Ziguinchor, bouge cette semaine au rythme de la cinquième édition du Camp International de Formation en Agroécologie Paysanne (CIFAP). Cet événement majeur, organisé par le Mouvement Pan-Africain Nous sommes la solution, a rassemblé des leaders, techniciens et animateurs venus de dix pays d’Afrique de l’Ouest, déterminés à bâtir un avenir alimentaire durable et souverain.
Dans une atmosphère de mobilisation et de solidarité, Mariama Sonko, présidente du mouvement, a rappelé que l’agroécologie est une pratique globale, qui ne peut se limiter à un seul domaine. Après avoir exploré la revitalisation des terres, les biofertilisants, les semences horticoles et les bioprotecteurs, le CIFAP consacre cette cinquième édition à l’élevage. « L’élevage est une activité ancestrale qu’il faut transmettre aux nouvelles générations. Il garantit une alimentation saine, nutritive et économiquement rentable », a-t-elle déclaré, insistant sur le rôle central des femmes dans l’élevage de la volaille.
Face à la flambée des prix de la viande et aux risques sanitaires liés aux poulets importés, le mouvement appelle à un retour aux espèces locales, plus saines et adaptées aux réalités des communautés. « Il est temps de valoriser nos ressources locales, comme le faisaient nos ancêtres », a martelé Mariama Sonko, invitant à une prise de conscience collective.
Tabara Ndiaye, coordinatrice des fonds régionaux pour l’agroécologie en Afrique, a salué l’importance du CIFAP comme espace de renforcement des capacités et de construction de mouvements. Elle a rappelé que le Fonds pour l’agroécologie agit comme un pont entre bailleurs et organisations de base, facilitant l’accès aux financements et soutenant les communautés dans leur souveraineté alimentaire. « Produire ici pour consommer ici : voilà la clé de systèmes alimentaires durables », a-t-elle affirmé, en insistant sur l’appropriation par les femmes et les jeunes.
Le moment fort de la cérémonie a été l’intervention d’Idy Gomel Ba, adjoint au sous-préfet de Niaguis, qui a livré un discours vibrant. « En vous regardant, je vois le visage d’une Afrique debout, qui nourrit, qui refuse la dépendance et qui choisit la souveraineté », a-t-il lancé. Pour lui, l’élevage paysan est « de l’or entre vos mains », garant de la santé des enfants et moteur de l’autonomie financière des femmes. Il a exhorté les participants à devenir des « ambassadrices de l’Afrique souveraine et prospère », en repartant dans leurs pays respectifs avec les savoirs acquis.
Au terme de cette cinquième édition du CIFAP, une certitude s’impose : l’agroécologie paysanne n’est pas une simple alternative, mais une solution pour l’avenir. En valorisant les savoirs traditionnels, en renforçant les capacités locales et en plaçant les femmes au centre, Niaguis s’est imposé comme un symbole de la transition agroécologique africaine. Ici, au cœur de la Casamance, se dessine une Afrique qui choisit de nourrir ses enfants avec dignité, santé et souveraineté.
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