Niaguis : le CIFAP met l’élevage au cœur de la bataille pour la souveraineté alimentaire africaine
À Niaguis, en Casamance, l’agroécologie paysanne prend une nouvelle dimension. Depuis hier, la cinquième édition du Camp international de formation en agroécologie paysanne (CIFAP) réunit des leaders, techniciens et animateurs issus de dix pays d’Afrique de l’Ouest, autour d’un même défi : renforcer les capacités des communautés africaines pour mieux assurer leur souveraineté alimentaire.
Organisé par le Mouvement panafricain « Nous sommes la solution », ce rendez-vous, prévu sur une semaine, s’est progressivement imposé comme un important cadre de transmission des savoirs, de partage d’expériences et de mobilisation en faveur d’une agriculture africaine plus autonome et durable.
Après plusieurs éditions consacrées notamment à la revitalisation des terres, aux biofertilisants, aux semences horticoles et aux bioprotecteurs, le CIFAP place cette année l’élevage au centre des apprentissages et des échanges.
Pour les organisateurs, ce choix répond à la nécessité de penser l’agriculture et l’élevage comme deux composantes indissociables d’un même système de production. L’objectif est de promouvoir des pratiques adaptées aux réalités des producteurs africains, tout en réduisant leur dépendance aux intrants et aux solutions importées.
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, Mariama Sonko, présidente du Mouvement panafricain « Nous sommes la solution », a insisté sur la dimension globale de l’agroécologie. Selon elle, cette approche ne peut être réduite à une simple technique agricole, mais doit être envisagée comme une pratique globale et interconnectée, intégrant les dimensions environnementale, économique et sociale.
À travers les formations, les démonstrations pratiques et les échanges d’expériences entre participants, cette cinquième édition entend ainsi consolider les savoir-faire paysans et favoriser une meilleure appropriation des pratiques agroécologiques.
Au-delà de l’élevage, le CIFAP ambitionne de contribuer à l’émergence de systèmes alimentaires plus résilients, fondés sur les connaissances locales et la capacité des communautés à produire, transformer et valoriser leurs propres ressources.
Depuis Niaguis, la mobilisation prend donc une dimension panafricaine : faire de l’agroécologie un levier de souveraineté alimentaire et de résilience pour les peuples africains.
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