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Fev 23 2026

L’AFSA conquise par le modèle intégré de « Karonghen Wati Naaning » en Casamance

Publié le  |  Source : L’As Quotidien, N° 6078  |  Par Essakéman KAYOUNGA

En visite à Niaguis, l’Alliance for Food Sovereignty in Africa (AFSA) a salué le modèle du centre agroécologique « Karonghen Wati Naaning », qu’elle qualifie d’approche complète au service des communautés rurales. L’initiative incarne, selon l’organisation, une vision ambitieuse en défis de la souveraineté alimentaire en Afrique.

L’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) a exprimé un intérêt marqué pour le modèle développé par le centre agroécologique « Karonghen Wati Naaning », à Niaguis, en Casamance, qu’elle considère comme une initiative exemplaire en matière de souveraineté alimentaire et de transition agricole durable. Son coordonnateur général, Million Belay, s’est dit impressionné par les réalisations de ce centre de formation, d’expérimentation et de démonstration des bonnes pratiques agroécologiques paysannes, situé dans la commune de Niaguis, à quelques kilomètres sur l’axe Ziguinchor–Kolda.

Fondé par le mouvement paysan africain des Femmes Rurales « Nous Sommes La Solutions » (NSS), qui porte le slogan « Célébrons l’agriculture familiale africaine », et par l’Association des Jeunes Agriculteurs de Casamance (AJAC), le centre s’impose progressivement comme un pôle stratégique de promotion de l’agroécologie paysanne au Sénégal et en Afrique de l’Ouest.

« Je suis impressionné par ce que j’ai vu ici, tant en matière de formation aux bonnes pratiques agroécologiques que par la diversité des activités développées en sein du centre », a déclaré Million Belay, le 08 février dernier, au terme d’une visite de terrain de deux jours. Au fil de cette immersion, il a parcouru l’ensemble des unités : élevage, pisciculture, agroforesterie, agriculture, apiculture, horticulture, transformation, production de biofertilisants et de biopesticides, ainsi que les initiatives autour du mangrove.

Le responsable de l’AFSA a salué une « approche complète, intégrant formation des producteurs, valorisation des savoirs locaux, protection des semences paysannes et promotion de pratiques vertueuses pour les écosystèmes. » Selon lui, le centre développe un modèle cohérent articulant production, formation, transformation, valorisation et ancrage communautaire. « C’est une unité qui permet à d’autres pays de se connecter. Ce qui m’a le plus marqué, c’est le lien avec l’environnement immédiat : les villageois ont accès non seulement aux ressources produites par le centre, mais aussi aux connaissances qui y sont développées », a-t-il souligné.

Implanté dans la commune de Niaguis, « Karonghen Wati Naaning » mise sur la diversification des cultures, l’agroforesterie, le compostage biologique et la gestion durable des ressources en eau. L’initiative accorde également une place centrale à la formation des jeunes et des femmes, considérées comme des actrices clés de la transformation du système alimentaire local.

Pour l’AFSA, cette expérience démontre qu’il est possible de concilier productivité, résilience climatique et autonomie des communautés rurales. « Nous voyons ici un modèle reproductible, ancré dans les réalités locales et porteur d’espoir pour l’Afrique », ont souligné les membres de la délégation. « Lorsque nous restons dans nos bureaux, ils paraissent beaux. Mais nous voyons les personnes sur le terrain et voyons des personnes travailler avec passion et apporter des preuves concrètes, cela nous encourage énormément. »

Le modèle « Karonghen Wati Naaning » rayonne dans neuf pays et positionne le Sénégal comme référence africaine Dans le contexte agroécologique de la région de Casamance, cette appellation traduit une volonté claire : remettre au cœur du développement agricole les savoirs locaux, les semences traditionnelles, les techniques culturales ancestrales et les modes d’organisation communautaires. Il s’inscrit dans une dynamique portée notamment par des organisations comme l’AFSA, qui défendent la souveraineté alimentaire à travers la valorisation des systèmes agricoles africains.

La visite s’est déroulée en présence de Mamadou Danfakha, coordinateur de NSS, de Famara Diédhiou, chargé de programme pour l’Afrique de l’Ouest à l’AFSA, de son collègue Charles Lwanga, responsable du programme « Sol sain, aliments sains », ainsi que de Mariama Sonko, présidente du mouvement paysan africain NSS. Mme Sonko s’est vivement réjouie de cette visite et de l’appui constant de ce partenaire stratégique qui accompagne le mouvement.

Elle a rappelé que « Karonghen Wati Naaning » est un centre de formation, d’expérimentation et de démonstration couvrant plusieurs domaines : agriculture, élevage, pisciculture, transformation, agroforesterie. Le centre contribue activement à la promotion de l’agroécologie paysanne dans neuf pays membres du mouvement : le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Mali, le Togo et le Sénégal.

La particularité de ces centres réside dans la production de biofertilisants et de biopesticides, ainsi que dans la valorisation des semences paysannes. Ces semences biologiques contribuent à renforcer la fertilité des sols et à améliorer les rendements. Dans les neuf pays où le mouvement est implanté, des fermes agroécologiques ont été mises en place afin de promouvoir une agriculture durable, portée notamment par les femmes rurales.

« Nous avons acquis de l’expérience et de la motivation, et nous bénéficions de l’accompagnement de partenaires. Le reste dépendra de notre capacité à persévérer et à démontrer que l’agroécologie peut nourrir durablement les populations », a insisté Mamadou Danfakha, réaffirmant l’ambition de NSS de faire de ce site un centre africain de référence en matière d’agroécologie, de transformation et de valorisation des productions paysannes.

À l’issue de la visite, Famara Diédhiou a promis un appui plus structuré au centre. « Nous repartons avec une confiance accrue. Ce que nous avons vu ici témoigne de la valeur du travail accompli. Nous allons les mettre en relation avec d’autres partenaires afin de consolider et amplifier leurs actions. » Cette reconnaissance panafricaine conforte la Casamance et le Sénégal en général comme un véritable laboratoire d’innovations agroécologiques au service de la souveraineté alimentaire du continent.

Par Essakéman KAYOUNGA  |  L’As Quotidien d’Informations Générales – Samedi 21 / Dimanche 22 février 2026

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